Le pressentiment de la paternité de Dieu pour Israël.
En affirmant qu’Adam est crée à l’image de Dieu, et, à son tour, engendre à sa propre image (Gen. 5; 1-3), la Genèse suggère que l’ascendance des familles humaines remonte, par delà Adam, jusqu’à Dieu lui-même. Au cours de son histoire, Israël va expérimenter que Dieu est un Père en dépit des infidélités de son peuple, de ses « fils ». « Quand Israël était enfant, je l’aimai, et de l’ Egypte j’ appelai mon fils. Plus je les appelai, plus ils s’écartaient de moi; Pourtant j’apprenais à marcher à Ephraïm, je les prenais dans mes bras et ils n’ont pas compris que je prenais soin d’eux. Je les menais avec de douces attaches, avec des liens d’amour; j’étais pour eux comme celui qui élève un nourrisson tout contre sa joue, je me penchais sur lui et lui donnais à manger... Osée 11.
Un peu à la fois Israël va considérer ses rois non pas comme des représentants de Dieu pour ses sujets, mais comme le représentant du peuple auprès de Dieu, comme le Fils unique de Dieu.
Dans l’ Evangile, Jésus nous apprend que Dieu est, en vérité, le Père de tous les hommes, ces hommes qui sont ainsi tous frères, si bien que le Royaume de Dieu inclura des païens qui prendront les places laissées par les fils du Royaume, les enfants d’ Israël. De plus, Jésus souligne l’infinie tendresse de Dieu, plein de miséricorde qui prodigue à ses enfants ce dont ils ont besoin (Mt 6/26-32) et surtout le Don de l’ Esprit Saint (Luc 11/13). Dieu « n’est jamais tant Père qu’en aimant et pardonnant et nous ne sommes jamais tant ses fils qu’en agissant de même envers tous nos frères ».
Jésus appelle couramment Dieu: « Mon Père » : « Ce n’est pas en disant ‘’Seigneur Seigneur’’ qu’on entrera dans le Royaume des cieux, mais c’est en faisant la volonté de MON PERE qui est dans les cieux. » Mt 7,21 ou Luc 22/28 et auparavant Luc 2/49. Jésus distingue clairement entre « Mon Père » et « Votre Père ». Il se présente comme étant le « Fils Bien-Aimé ». Ainsi, dans la parabole des vignerons homicides (Marc 12) « Il lui restait encore quelqu’un, Son Fils bien-aimé, il le leur envoya le dernier se disant: « Ils auront des égards pour mon fils ». Et déjà, lors du baptême de Jésus, comme à la Transfiguration: « Tu es mon Fils bien - aimé, tu as toute ma faveur ». Jésus affirme aussi une telle intimité entre lui et Dieu son Père qu’ils sont seuls à reconnaître chacun le mystère profond de l’autre. « ... Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler » Luc 10/21. Enfin, Jésus parle à Dieu avec une intimité sans égale, l’appelant « Abba », à la manière dont les enfants, en araméen, s’adressent à leur « papa ». *
Saint Paul et Saint Jean vont expliciter la portée de cette intimité unique en allant jusqu’à l’enraciner dans le Mystère Eternel de Dieu. -Saint Paul parle de Dieu comme du « Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ » Rom. 15,6. Il laisse entrevoir que si Dieu est Père, ce n’est pas seulement à l’égard de Jésus en son existence terrestre, mais à l’ égard d’un Fils Eternel, si bien que Dieu est Père lui aussi éternellement. Col. 1/16-17. -Saint Jean pousse plus loin encore cette approche de la paternité de Dieu à l’ égard de Jésus son Fils Unique. Il souligne d’abord la parfaite union des volontés du Père et du Fils « Ce n’est pas ma volonté que je cherche, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé » Jn. 5/30. Union des volontés qui engendre une parfaite communion d’ activité: « Mon Père travaille toujours et moi aussi je travaille » 5,17. Cette union des volontés repose sur une union d’ être qui unit le Père et le Fils à tel point qu’ils demeurent l’un dans l’autre - « Le Père est en moi et moi dans le Père » Jn 10/14; ce qui amène un amour mutuel sans égal « J’aime le Père » « Le Père aime le Fils » Jn. 17/240j. Jean nous invite enfin à contempler la paternité éternelle de Dieu et la filiation éternelle du Fils avant même la Création du monde. Il le fait en considérant Jésus comme le Fils Unique de Dieu et comme la Parole de Dieu en Personne, le Verbe même de Dieu. « Au commencement était le Verbe, et le verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu... » Jn 1. Recommandez (30) | L'article sur votre site ? | Pages vues: 789
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