Cette parole de l’ange à Marie dans l’Evangile de Luc 1,35 a son parallèle en Matthieu 1,20: « ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint ». Que l’Esprit vienne sur Marie à l’Annonciation ne signifie pas qu’il en était absent auparavant puisqu’elle était indemne de tout péché, « comblée de grâce ». A l’Annonciation, l’Esprit Saint vient sur Marie pour qu’elle devienne la mère virginale du Fils de Dieu.
- « Le ciel s’ouvrit et l’Esprit Saint descendit sur lui »
Une seconde fois, l’Esprit se manifeste sur Jésus. Il vient maintenant pour que Jésus se fasse reconnaître et agisse comme Messie. Comme pour Marie et à plus forte raison pour Jésus, la venue de l’Esprit ne signifie pas que l’Esprit Saint attende le baptême au Jourdain pour venir en Jésus. L’Esprit habite dans le Fils éternellement et en Jésus depuis sa conception. Mais il se manifeste à nouveau quand commence le ministère de Jésus: à une nouvelle dimension de sa mission correspond une nouvelle venue de l’Esprit. Ainsi pour nous, Dieu agit par approfondissement et renouvellement. La création elle-même unique dans le dessein de Dieu ne s’est pas faite en un jour.
- « L’Esprit du Seigneur est sur moi ».
Dans la synagogue de Nazareth, Jésus lit un passage du Prophète Isaïe: « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a consacré par l’onction pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres... » Luc 4,18 Quand Samuel avait consacré le jeune David comme futur roi (1 Sam.16), il avait pratiqué sur lui une onction d’huile et l’ « Esprit du Seigneur » avait « fondu » sur David. Pour Jésus, l’Evangéliste ne décrit aucune intrusion de l’Esprit: c’est son Père qui lui donne l’Esprit et il le lui donne sans mesure (Jn 3,34). Au français, « oint » qui vient du latin correspond le grec, « christ », et l’hébreu « messie ». La citation d’Isaïe pourrait s’écrire ainsi: « L’Esprit du Père est sur moi parce qu’il a fait de moi le Christ ».
- « Alors Jésus fut emmené au désert par l’Esprit ».
En voyant où l’Esprit conduit le Christ, nous sommes surpris. Alors que la mission du Messie est d’annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, voici que Jésus, dès le lendemain du baptême, quitte le Jourdain pour la solitude, le jeûne, le combat solitaire contre Satan. Mais les évangélistes ont ici une intention précise. Ils voient en Jésus le nouveau Moïse qui refait le chemin de l’entrée en Terre Promise. Mais au lieu de traverser le Jourdain comme Moïse, Jésus affronte le mal et la mort. La plupart des Juifs attendaient un Messie triomphant, mais se trompaient sur l’adversaire. Ce n’est pas Rome, mais le diable, le Satan. Le mal atteint l’homme de bien des façons qu’il ne faut pas confondre : la maladie ou le handicap, la dureté de coeur et le refus de croire, la possession par Mammon (l’argent) ou quelque autre démon. Jésus s’affrontera tour à tour à toutes ces formes du mal. Mais avant d’entrer en action, il combat celui qui personnifie le Mal. Il sort vainqueur de ce face à face, mais l’adversaire ne se tient pas pour battu: il attaquera de nouveau jusqu’à l’heure de la Passion.
- « Il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit Saint »:
Sous l’action de l’Esprit Saint, Jésus tressaille d’allégresse comme Jean Baptiste, le Précurseur, dans le sein de sa mère (Lc 1,44). La joie va de pair avec la mise en valeur de l’Esprit Saint et de la pauvreté. C’est l’ambiance du Magnificat. La prière de Jésus commence d’ailleurs comme le magnificat : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. » Lc 10,21. La suite est l’une des paroles de l’Ecriture la plus forte sur l’intimité de la relation qui unit le Père et le Fils. « Tout m’a été remis par mon Père et nul ne sait qui est le Fils si ce n’est le Père ni qui est le Père si ce n’est le Fils et celui a qui le Fils veut le révéler ». Comment le Fils nous révèle-t-il le Père ? En donnant son Esprit qui nous permet de nous adresser à Dieu en l’appelant « abba »: le terme est d’une telle familiarité que Jésus seul pouvait le prononcer jusqu’à ce qu’il ait donné l’Esprit à ses disciples, c’est à dire jusqu’à la Pentecôte. Nous ne pouvons parler ainsi à Dieu que si l’Esprit prononce en nous cette parole propre au Fils. Recommandez (29) | L'article sur votre site ? | Pages vues: 582
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